L'IA a enfin des « mains » : CLI-Anything, open source par HKU, la prochaine mine d'or des freelances

Pendant que tu discutes avec l’IA, d’autres la font bosser

Depuis deux ans, tout le monde t’explique comment écrire des prompts. Résultat ? ChatGPT rédige tes textes, Claude corrige ton code, Midjourney génère tes visuels — mais à chaque étape, c’est encore toi qui cliques sur les boutons.

Sur Blender, c’est toi qui déplaces les nœuds. Sur GIMP, c’est toi qui gères les calques. Sur Kdenlive, c’est toi qui tires la timeline. L’IA parle, mais le boulot manuel reste sur ton dos.

C’est exactement pour ça que 99 % des gens ne gagnent rien avec l’IA : la partie « réflexion » ne vaut rien. La valeur est dans l’exécution — et l’exécution n’était pas automatisée.

Ça vient de changer.

CLI-Anything : l’open source de HKU qui donne des « mains » à l’IA

L’équipe HKUDS de l’université de Hong Kong a publié CLI-Anything (repo : https://github.com/HKUDS/CLI-Anything , licence Apache-2.0, déjà 48 000+ étoiles). L’idée est brutale : transformer les logiciels pro en outils en ligne de commande (CLI) que l’IA peut piloter directement.

Concrètement ? C’est comme donner à chaque logiciel un numéro de téléphone que l’IA peut composer. Avant, pour faire bosser Blender, l’IA devait analyser des captures d’écran et simuler des clics — lent, bancal, plein d’erreurs. Maintenant, elle « compose » directement : une ligne comme blender render --scene kitchen --output png, et Blender sort un rendu de cuisine. Une commande = une action. Pas de capture d’écran, pas de clic, exécution pure en CLI, stable et reproductible.

Logiciels déjà compatibles :

  • Blender (modélisation 3D, rendu)
  • GIMP (retouche d’image)
  • FreeCAD (conception technique)
  • Kdenlive (montage vidéo)

Et trois points qui tuent :

  1. Génération automatique du CLI, des tests et de la doc — zéro code d’adaptation à écrire
  2. Sortie JSON structurée — les agents s’échangent des données et s’enchaînent en pipeline
  3. Compatible avec Claude Code, Codex, OpenClaw, Cursor et les autres outils IA majeurs

En une phrase : l’agent IA vient de se faire greffer des mains.

Ce que ça change pour ton portefeuille

Le marché du freelance, c’est quoi ? Tu vends une compétence, tu échanges ton temps contre une livraison.

Sur Leboncoin ou Fiverr, une modélisation 3D se facture 50-450 €. Un montage de vidéo courte, 30-90 €. Un logo ou une retouche photo sous GIMP, 20-70 €. Point commun de toutes ces prestations : process ultra-répétitif, demandes clients quasi identiques.

Avant, tu plafonnais à 3 commandes par jour — ta vitesse de main était le goulot. Maintenant, imagine ce workflow :

Le client envoie son brief → Claude Code l’interprète → CLI-Anything pilote Blender/GIMP/Kdenlive → le livrable sort tout seul → toi, tu fais juste le contrôle qualité et les retouches.

Tu passes d’ouvrier à chef de chantier. Une seule personne, le rendement d’un petit studio.

Le plan en trois étapes

Soyons clairs : l’étape 1 demande des bases en ligne de commande (ouvrir un terminal, copier-coller des commandes, lire un message d’erreur). Si tu n’as jamais touché un terminal, commence par vendre avec des outils IA clé en main pour valider la demande, suis un tuto CLI d’initiation, puis reviens ici.

Étape 1 : installer l’environnement (1-2 jours)

Repo : https://github.com/HKUDS/CLI-Anything . Selon le README officiel, l’installation passe par :

1
2
pip install cli-anything-hub
cli-hub install <logiciel> # ex. cli-hub install blender

Python ≥ 3.10 requis. Une fois le CLI du logiciel installé, branche Claude Code ou Cursor, et fais tourner la chaîne complète « une phrase en langage naturel → le logiciel exécute ». Teste avec 10 demandes fictives et fige tes templates de prompts pour les cas récurrents.

Étape 2 : ouvrir ta boutique (semaine 1)

Terrain de jeu principal : Leboncoin et Fiverr — zéro barrière à l’entrée, gros trafic, catégorie services mature. Des titres qui tapent la douleur : « Montage vidéo livré en 24 h », « Rendu 3D le jour même ». Côté prix, vends la vitesse, pas le discount — les clients paient un premium pour « livré aujourd’hui », alors que le prix cassé n’attire que les clients les plus pénibles (pourquoi ? voir les risques plus bas). En parallèle, poste sur Pinterest et Lemon8 des captures de « l’IA qui monte une vidéo toute seule » — ce genre de contenu « l’IA au boulot en direct » est un aimant à trafic, parfait pour ramener des clients vers des prestations premium.

Étape 3 : industrialiser (semaines 2-4)

Quand le volume monte, branche n8n — un outil d’automatisation visuel, sans code, qui relie « message client → l’IA bosse → notification de livraison » comme des Lego. Pas obligatoire : au début, le mode semi-auto « humain prend la commande + IA exécute » suffit largement. Apprends n8n quand le volume l’exige. Une fois un service rodé, duplique : le montage tourne ? Ajoute la 3D. La 3D tourne ? Ajoute la retouche.

Les chiffres (avec les hypothèses, pas des promesses)

Prenons le montage vidéo. Tout ce qui suit est une simulation, pas une garantie de revenus :

  • Panier moyen : 60 € la vidéo
  • Ère manuelle : 3 vidéos/jour → 180 €/jour
  • Ère agent (planning idéal) : 15 vidéos/jour, 10 min de contrôle qualité chacune → 900 €/jour, moins 50-80 € de coûts API → 800 €+ net

Mais c’est le scénario idéal. En trois niveaux :

  • Prudent (1-2 premiers mois) : boutique neuve, zéro trafic, les deux premières semaines peuvent être à 0 commande — il faut construire ta réputation avec des petits prix et des avis. Disons 2-3 commandes/jour, 30 % de retouches (le client n’aime pas la sortie IA), soit 100-150 €/jour, 3 000-4 500 €/mois.
  • Réaliste (trafic stable) : 6-8 commandes/jour, 20 % de retouches, 300-400 €/jour, autour de 9 000-10 000 €/mois.
  • Optimiste (multi-plateformes + clients premium en direct) : Leboncoin + trafic Pinterest + sous-traitance pour des commerçants — là seulement tu touches les 18 000 €/mois.

Les vraies variables, c’est l’acquisition client et le taux de retouche, pas la vitesse de l’IA. L’IA compresse le temps de production, mais trouver des clients, cerner le besoin, gérer les allers-retours et le SAV — ce temps-là ne bouge pas.

Les risques (plus importants que la partie « gagner de l’argent »)

  1. Le risque de communication : si le client découvre que c’est de l’IA, il peut exiger un remboursement ou négocier à la baisse. Prépare ton argumentaire — tu vends « le résultat + la rapidité », et c’est toi qui garantis la qualité. Toute sortie IA passe par une relecture humaine avant livraison.
  2. Le risque plateforme : les règles des marketplaces sur les contenus générés par IA peuvent se durcir. La question des droits d’auteur (surtout pour un usage commercial) doit être réglée avec le client avant de prendre la commande.
  3. Ne fais pas la guerre des prix : une fois l’automatisation démocratisée, tout le monde peut être pas cher — et c’est exactement là que la marge crève. Ton différenciant : la vitesse et la fiabilité de livraison.
  4. Le risque outil : cet article s’appuie sur la doc publique de CLI-Anything (le README affiche 2 461 tests passés), mais je n’ai pas testé chaque logiciel un par un. Valide avec 10 demandes test avant d’investir le moindre euro dans ta boutique — pas l’inverse.

La fenêtre ne restera pas ouverte longtemps

Chaque révolution d’outil récompense les premiers qui le transforment en chaîne de production. 2023, c’était l’illustration IA. 2024, la rédaction fantôme. La réponse 2026 est sous tes yeux : la livraison automatisée où l’IA pilote directement les logiciels pro.

CLI-Anything itère vite (les News du repo vont jusqu’à fin mai 2026, avec de nouveaux logiciels quasiment chaque semaine), et peu de gens savent encore comment le monétiser. Mais ce genre de projet se propage en quelques semaines — quand les tutos inonderont le web, la bataille ne se fera plus sur l’outil mais sur l’exécution commerciale.

Aujourd’hui, une seule chose à faire : ouvre https://github.com/HKUDS/CLI-Anything , installe l’environnement, et fais tourner ton premier rendu Blender automatique ce soir. Si ça marche, on parle boutique. Si ça coince, tu n’as perdu qu’une soirée.